Bandes dessinées — Caraïbe

Diab-là

Langue : français

Auteur : Joseph Zobèl, adapt. Roland Monpierre
Dessinateur : Roland Monpierre
Lieu d'édition : Paris
Éditeur : Nouvelles Éditions Latines
Année d'édition : 2015
Nombre de pages : 63 p.
Illustration : Couleur
Format : 17 x 24 cm
ISBN : 978-2-7233-9190-0
Âge de lecture : À partir de 15 ans
Prix : 16 €

Un homme, aidé par une femme, porte un lourd fardeau

Roland Monpierre s’attaque à une œuvre importante de la littérature martiniquaise, Diab-là de Joseph Zobèl, à l’occasion de la célébration du soixante-dixième anniversaire de la parution du livre. Autrefois censuré sous le régime de Vichy, Diab-là est devenu un manifeste pour la liberté et une porte ouverte sur la littérature martiniquaise.

R. Monpierre adapte en bande dessinée cette histoire intemporelle dans laquelle Diab-là, le personnage principal, refuse d’être exploité dans les plantations de canne à sucre, au profit d’une exploitation agricole à laquelle il associe tout un village de pêcheurs, et qui leur assurera subsistances en même temps que liberté. Le récit retrace des aventures d’ambitions personnelles mais surtout collectives ; il devient véritable allégorie du lien social. Dans le roman original et d’autant plus dans cette adaptation, un traitement particulier est réservé aux langages: créole et français s’entremêlent, sons et paroles s’entrechoquent grâce aux onomatopées. C’est surtout l’utilisation par R. Monpierre du sépia, couleur des illustrations mais aussi couleur de la terre et des hommes, qui donne une unité à l’œuvre et une liberté à la terre des hommes. En effet, c’est en se libérant des champs de cannes que Diab-là transformera la terre aride et rocailleuse en une terre fertile et joyeuse. Dépassant les frontières de l’individuel, ce sont de véritables scènes de solidarité et de vie quotidienne que le lecteur sera amené à vivre, accompagné par des notes de bas de page. Car, s’il est bien une chose à retenir, c’est que cette histoire est une histoire du dépassement de soi, des frontières, condition sine qua none à « une entente…faut faire en commun tout ce qu’il y a à faire… quand on fait ensemble une chose pour le bonheur d’un seul, cé le bonheur de tous en même temps. »

LM