"La première fois que j’ai entendu ce mot, "brainstorming" ou عصف ذهني, j’étais encore une jeune écolière..."

Par Fatima Sharafeddine, auteure
Traduit par Nanée Chahinian

La première fois que j’ai entendu ce mot, « brainstorming » ou عصف ذهني, j’étais encore une jeune écolière. C’était mon professeur d’arabe qui nous avait demandé de faire un remue-méninge pour des slogans pouvant convaincre les miliciens libanais de mettre fin aux combats des rues. Moi, petite élève derrière mon banc, j’ai senti que je pouvais changer les choses. Le professeur nous a expliqué qu’il fallait produire une tempête d’idées. Alors une tempête d’idées dans ma tête et celles de mes amis pouvait provoquer un changement ? Je me suis sentie très puissante et heureuse d’avoir mon mot à dire pour « mettre fin à la guerre ». Nous caressions tous ce rêve. J’ai imaginé un cyclone de cellules cérébrales tournoyant et dansant dans mon cerveau, produisant du vent et de la poussière. Ce jour-là, nous avons proposé plusieurs idées, que j’ai complètement oubliées depuis, et nous les avons écrites au tableau. Nous nous sommes amusés à rêver de les faire lire aux « hommes de guerre ». Depuis ce jour, je suis amoureuse du mot « remue-méninges ». C’est un mot plein de sens. C’est une tempête dans un ou plusieurs cerveaux, qui s’attaque à un sujet spécifique et génère une liste d’idées créatives à discuter et synthétiser. Une technique que j’utilise actuellement pour résoudre mes problèmes familiaux, ainsi que des questions professionnelles.