Romans — Afrique

Goumâlo fils de bergers peuls

Langue : français

Auteur : Bidji Bâ
Illustrateur : Émilie Dedieu
Lieu d'édition : Paris
Éditeur : L’Harmattan
Année d'édition : 2010
Collection : Jeunesse
Nombre de pages : 70 p.
Illustration : Noir et blanc
Format : 22 cm x 13 cm
ISBN : 978-2-296-11166-0
Âge de lecture : À partir de 10 ans
Prix : 10,50 €

jeune berger à gauche, boeuf à cornes à droite, sur sol aride, ciel bleu

Voici la vie de Goumâlo, « le fils du zébu », dix ans au début du récit, telle qu’elle se déroule sur un mode immémorial pour le peuple de pasteurs nomades ou semi-sédentaires auquel il appartient : la grande famille des Peuls que l’on retrouve dans tout le Sahel, à la bordure sud du Sahara. Adoptant la forme du récit documentaire et raconté à la première personne, le roman décrit au plus près, dans un grand souci de précision, ce qui constitue la vie du jeune garçon et de son entourage. Tout semble décrit de l’intérieur, avec une connaissance intime de ce mode de vie, qui permet que chaque chose soit nommée par son vocable en langue peule (le pular ou fulfuldé), immédiatement intelligible par l’explication qui suit, dans une formulation amenée naturellement qui ne pèse en rien sur le récit. Celui-ci, par son classicisme et un tranquille déroulement fait entrer le lecteur dans un temps autre, lent, celui du jeune héros dans une vie traditionnelle ordonnée par le quotidien – la fugue d’un animal, le bain avec les camarades d’âge, l’affrontement de taureaux –, et des événements plus exceptionnels – circoncision, mariage, jour de marché aux bestiaux, départ du campement… Pas de concession à la modernité ni d’idée de remise en question d’un mode de vie que le monde extérieur ne semble affecter que fort peu, mais dont on sait cependant qu’il est déjà menacé. Mais en fait, le propos n’est pas là : on le voit bien quand est évoquée la possibilité de l’école, tout simplement jugée incompatible avec le mode de vie nomade, et on en reste là. Le propos est, en revanche, de rendre compte d’un mode de vie à part, en le décrivant dans toute sa noblesse : les saisons se suivent, l’eau apparaît et disparaît, le camp est quitté pour de plus vertes pâtures… Pourtant, malgré cette approche qui pourrait paraître datée, on fait une lecture agréable et riche de ce récit fort bien documenté qui met toute chose à sa place, qu’elle soit matérielle, culturelle ou spirituelle. Délicates illustrations au trait, en noir et blanc.

ML


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