Romans — Afrique

Grand Sanga maître féticheur, preneur de sorciers

Langue : français

Auteur : Boubacar 1er Diallo
Illustrateur : Lamarana Bah, Gilka
Lieu d'édition : Conakry
Éditeur : Éditions Ganndal
Année d'édition : 2018
Collection : La Case à Palabres
Nombre de pages : 53 p.
Format : 18 x 13 cm
ISBN : 978-2-35045-092-6
Âge de lecture : À partir de 11 ans
Prix : 1500 CFA au Togo, 4 €

Un personnage alité en proie à des vision: on l'entoure, on accourt pour le seco

Néné Founa accuse sa co-épouse d'avoir ensorcelé ses enfants. Quand l’un de ses jumeaux, Oumar Kindi, tombe malade, elle décide d’envoyer les deux garçons à l’étranger : l'un à Dubaï chez un oncle et l'autre en France, pour échapper aux maléfices de la présumée sorcière. Nous allons suivre le périple d'Oumar, jalonné d'événements inquiétants, à Bordeaux, puis en Espagne et en Belgique. Revenu chez lui, ses maux de tête reprennent de plus belle. Son frère tombe gravement malade et délire de façon étrange. On va donc procéder à un exorcisme. Au cours de la cérémonie, on découvre que la co-épouse est innocente et que le frère jumeau d'Oumar serait lui-même un sorcier. Il est alors soumis à un rituel de désenvoûtement. En conclusion, Oumar démonte point par point les faits étranges qui se sont produits en leur trouvant à chaque fois une explication rationnelle. Dans ce court roman, l'auteur n'hésite pas à aborder un sujet sensible, celui des pratiques de sorcellerie, des désenvoûtements et des croyances qui leur sont associées. Un avertissement au début du livre précise qu'il s'agit d'une version édulcorée de ce qui se passe dans certaines régions de la Guinée. La narration aurait gagné à être plus développée. Paradoxalement, le format très court du récit resserre l'action et la rend plus palpitante, mais il en résulte qu’il est plus difficile de décoder l'enchaînement des faits et des motivations des différents protagonistes. Il n’est pas inutile de rappeler que les croyances liées aux envoûtements ont perduré discrètement en France en milieu rural au moins jusqu'aux années soixante-dix du siècle dernier (et sont probablement encore vivantes actuellement), comme en témoignait l’étudeLes Mots, la Mort, les Sorts, qu’a consacrée Jeanne Favret-Saada à ces pratiques dans la Mayenne et qui est un classique de l’ethnologie.

CR


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