Contes — Afrique

Le Génie et le Bûcheron

Langue : français

Auteur : Koami Vignon
Illustrateur : Al’Mata
Lieu d'édition : Bruyères-sur-Oise
Éditeur : Association Graine de savoir & Soif d’apprendre
Distributeur : 2011
Année d'édition : sans date
Collection : Un monde de familles
Nombre de pages : [20 p.]
Illustration : Couleur
Format : 15 x 21 cm
ISBN : 979-10-90807-00-6
Âge de lecture : À partir de 6 ans
Prix : 5 €

un génie blanc pointe son épée sur un paysan épouvanté

Graine de Savoir et Soif d’Apprendre, association implantée dans le Val-d’Oise en France, soutient – entre autres réalisations – une dizaine de bibliothèques scolaires dans le cercle de Nioro du Sahel au Mali. Elle s’est engagée dans la production d’écrits illustrés, autour du thème de la famille, pour un public familial, en France et au Mali. Le conte reste un genre privilégié, un outil pédagogique revendiqué et, souvent, comme c’est le cas ici, l’occasion d’impliquer les jeunes dans sa création.

Un petit format à l’italienne, à la maquette soignée, largement illustré de manière vivante, dans des tonalités ocre, par le dessinateur congolais Al’Mata, tel se présente cet album. À la fin, on trouve une double page consacrée à la cuisine avec une recette bien expliquée, accompagnée de photographies. Hassan, fils unique, prend soin de ses vieux parents. Mais voilà qu’un jour, parti chercher du bois, il s’endort, recru de fatigue, sur son âne et se retrouve face à un affreux génie. S’il veut la vie sauve, il lui faut choisir : insulter sa mère, frapper son père ou boire du vin de palme, ce qu’il finit par faire, déchiré. On peut deviner la suite : il aura l’ivresse, il insultera sa mère et il battra son père… Morale énoncée : mieux vaut mourir que perdre son honneur, manquer de respect à ses parents est sacrilège. Reste à demander le pardon…

Cette histoire, bien racontée au demeurant, est assez troublante, même si on y repère un motif traditionnel du conte sur le choix déchirant : entre plusieurs maux, lequel choisir ? Car, à y bien considérer, aucun choix n’est proprement envisageable pour le malheureux Hassan, aussi respectueux soit-il des préceptes et interdits (l’histoire s’inscrit dans la tradition musulmane). En général, quand on raconte ce type d’histoire sans bonne issue possible, on laisse le public devant le dilemme et on en débat. Ce n’est pas le cas ici. Quelle est alors la valeur éducative du message ? Où place-t-on l’honneur et quel est-il, d’ailleurs, pour un petit enfant ? Certes, l’histoire s’inscrit dans une culture, une société, mais le recours à la forme du conte n’est-il pas alors une sorte d’artifice qui dévoie sa portée ? Ce n’est sans doute pas intentionnel, mais cela prête à discussion, d’autant que le conte est affiché comme étant destiné à des enfants à partir de six ans…

ML


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