Aya de Yopougon rencontre Marguerite Abouet

Par Nathalie Beau

Portrait de Marguerite Abouet habillée de rouge. Au premier plan, Aya de Yopougon


Dès le premier tome publié en 2005, Aya de Yopougon va connaître un destin exceptionnel. Le livre reçoit le « Prix du premier album » au Festival d’Angoulême et devient très vite un grand succès. Cinq tomes ont suivi depuis, montrant le visage d’une Afrique loin des clichés attendus en Europe. Bientôt, l’univers d’Aya va encore s’enrichir grâce au film d’animation que co-produisent ses créateurs, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie : les voix et la musique restitueront alors pleinement l’atmosphère de ce quartier d’Abidjan.

Mais ce mercredi 9 février 2011, Aya a rendez-vous dans un bistrot parisien avec Marguerite Abouet pour une discussion de mère à fille, mêlée de grands éclats de rire…

Marguerite, s’il te plaît, raconte-moi ma naissance…

Aya, tu sais, je t’aime beaucoup mais je dois te dire que tu n’étais pas du tout une enfant désirée. C’est Akissi1 que j’avais fait naître d’abord. Elle racontait mon histoire et toutes les bêtises que j’avais pu faire à Yopougon où j’ai vécu jusqu’à l’âge de douze ans. Après, je suis venue en France. Je n’ai donc pas pu vivre là-bas ces histoires de grandes filles. J’avais commencé à raconter quelques histoires d’Akissi quand je les ai montrées à Clément Oubrerie, ton père. Il les a trouvées si pleines de vie et si drôles qu’il a proposé qu’on en fasse une bande dessinée. Il a fait quelques croquis qu’il a montrés chez Gallimard pour avoir un avis, sachant que Gallimard, à l’époque, ne publiait pas de bandes dessinées. Quelques jours plus tard, Gallimard nous répond qu’ils sont en train de créer « Bayou », une collection dirigée par Joann Sfar, et que ce que nous faisons serait tout à fait dans l’esprit de la collection mais… c’était trop enfantin. Comme je ne pouvais pas faire grandir Akissi, parce que je n’ai pas vécu adolescente à Yopougon, j’ai proposé d’écrire une autre histoire avec une grande fille, et c’est comme ça que tu es née, ma chérie.

Qu’as-tu pensé de moi quand tu m’as vue pour la première fois dessinée par Clément Oubrerie ?

Tu sais, on t’a beaucoup cherchée, ton père et moi. On ne voulait pas d’une « bimbo », on voulait une fille normale, simple. Au départ, ton père t’a fait une coiffure afro mais ça n’allait pas. Après, tu avais des lèvres très pulpeuses. Ça ne me plaisait pas. Moi, je n’ai pas une bouche comme ça. Il fallait quand même que tu me ressembles un peu. Je vais te dire un secret. Un jour, on a pris l’avion, ton père et moi. On feuilletait le magazine d’Air France quand on a vu le portrait de Ayaan Hirsi Ali2 et ton père s’est écrié : « Voilà, j’ai trouvé le visage d’Aya ! ». Quand vous voyez cette fille, elle a les traits d’Aya. En plus, c’est une femme super intelligente, une militante. Elle est députée en Norvège. Son mari a été tué et il y a une fatwa qui pèse sur elle. Un jour, on était invités à une émission dont Ayaan était l’invitée d’honneur. J’ai voulu lui montrer Aya. Ça été très difficile parce qu’il y avait ses gardes du corps, mais je suis arrivée jusqu’à elle et elle m’a dédicacé le livre, sans comprendre, je crois !

Aya de Yopougon. Tome 6.
Gallimard, 2010

Je suis assez parfaite, intelligente, sérieuse. Est-ce que je te ressemble ?

Oh, non, ce serait très prétentieux ! Tu ressembles peut-être plus à ton père ! Et moi, heureusement, je n’étais pas aussi sérieuse. J’ai eu la chance d’être maternée, aimée, jusqu’à l’âge de douze ans. J’étais la dernière de trois enfants et, quand mes parents m’ont fait partir en France, ce fut un vrai déchirement. Après, je me suis faite toute seule. J’aurais pu continuer mes études. Je rêvais d’être une grande journaliste.
Quand j’étais petite à Yopougon, tout le monde me connaissait, j’allais dans les maisons, je m’intéressais à tout le monde. Je rapportais aussi beaucoup, me disant qu’un journaliste, c’est quelqu’un qui doit tout voir. Quand mon père rentrait, je racontais tout ce que j’avais vu avec mes grands yeux. Clément Oubrerie dit qu’on se ressemble à cause de nos grands yeux. Dans la rue, j’ai toujours les yeux ouverts sur le monde ; tu as pris ça de moi, tu t’intéresses aux autres, tout simplement.

Je ne suis pas la seule dans ta vie. Parle-moi d’Akissi et de Bienvenue.

Akissi, c’est donc ta petite sœur. Ce sont mes souvenirs d’enfance. Et Bienvenue, c’est ma vie parisienne. Il fallait bien que j’en parle. J’ai deux pays mais ce ne sont pas la Côte-d’Ivoire et la France, ce sont Yopougon et Paris. C’est ce que je connais. Mes deux chez moi dont j’ai besoin à part égale. J’ai beaucoup d’histoires à raconter. Il y aura beaucoup de nouveaux personnages. Mais ne t’inquiète pas : tu es très importante pour moi, tu es ma première fille !

Tu dis que tu as commencé à écrire des romans. Pourquoi ne les publies-tu pas ? Et pourquoi as-tu choisi de me donner si peu de mots ?

À l’âge de 16-17 ans, je me suis retrouvée toute seule dans une chambre de bonne avec une vieille télé. Une nuit, elle a explosé. Je n’avais pas d’argent pour les loisirs. C’est alors que j’ai commencé à écrire mes histoires et les histoires de mes amis, là-bas, pour ne pas devenir folle entre ces quatre murs, pour ne pas oublier d’où je venais et tout ce que j’avais vécu. Au départ, l’écriture n’était pas une passion, mais une thérapie. Il me semblait vital de ne pas oublier mon passé. J’écrivais chez moi le soir. Et, plus j’écrivais, plus j’y prenais goût, alors j’écrivais dans le métro, dans les squares, dans les cafés... J’ai des tonnes de textes de cette époque, rien de lisible, mais cela m’a permis de tenir pendant des années. Voici pourquoi mes premiers romans ne sont pas publiés.
Aujourd’hui, je reviens vers le roman, qui, d’une certaine manière, est une activité plus solitaire, plus cérébrale, car elle me demande plus de concentration et d’isolement. Alors que je suis habituée à écrire avec la vie autour de moi. C’est pour cette raison que mon fameux roman met autant de temps à s’achever.
Je pense que si je t’avais donné un autre format que la bande dessinée, un roman par exemple, tu n’aurais pas eu autant d’impact. Tu aurais été noyée dans la masse des milliers de romans qui sortent chaque année et tu serais passée inaperçue. Le fait que l’on voit ton visage, ton corps drapé dans de beaux tissus, ton quartier si chaleureux, toutes ces couleurs qui éclatent, brûlées de soleil, fait le succès de cette chronique de gens ordinaires.

Je suis une fille des années 70, comme toi. Si j’étais une fille des années 2000, qu’est-ce que ça changerait ? Est-ce que mon histoire pourrait être la même ?

J’ai fait exprès de te faire vivre dans ces années-là. Je suis très nostalgique de cette période. C’était la belle période ivoirienne. Les enfants allaient à l’école, ils étaient suivis médicalement. Yopougon était un quartier assez neuf, propre. Il n’y avait pas encore le sida. La Côte-d’Ivoire était en paix. Il y avait de l’argent dans ce pays. C’était le miracle ivoirien. Je voulais montrer que l’Afrique est un continent dans lequel il y a des pays où les choses vont bien.
Si je t’avais fait vivre aujourd’hui, tu parlerais du sida et, comme tu fais la morale à tout le monde, tu dirais à tes amis de se protéger, tu dirais à Adjoua : « Tu es enceinte, il faut que tu ailles faire un test ». Tu parlerais différemment mais j’espère que tu serais toujours assidue dans tes études car c’est le plus important pour moi. Il faut concilier tradition et modernité.
Par ailleurs, Yopougon a beaucoup changé. Quand je suis revenue la première fois, je n’ai pas reconnu mon quartier. Ça s’est beaucoup appauvri. La population a triplé ; elle dépasse le million d’habitants. Les trois-quarts ont moins de vingt ans et ne vont pas à l’école. Les infrastructures se sont beaucoup dégradées. Les enfants sont plus de cent par classe, il n’y a pas de chaises, la pluie tombe dans les salles. Par contre, la solidarité existe toujours. Un enfant ne peut pas traîner dans la rue sans que quelqu’un le surveille.

Comment aurais-je vécu la situation d’aujourd’hui en Côte-d’Ivoire ?

Tu aurais organisé des meetings dans le quartier pour dire qu’il ne faut pas rentrer dans le jeu des politiques, qu’on vit tous ensemble, musulmans, chrétiens, animistes, qu’on a toujours vécu ensemble, et qu’il ne faut pas qu’on se tape dessus. Les politiques ne pensent qu’à leurs intérêts. Tout est arrêté maintenant. Personne ne sait ce dont demain sera fait, les écoles sont fermées. Aya la militante se serait battue contre cette situation.

Comment vois-tu mon avenir ? Ma vie de femme, de citoyenne ? Et la vie de Bintou et d’Adjoua ?

Dans le tome six, tu as vingt-et-un ans. Je ne fais pas de plan quand j’écris des histoires. C’est toi qui me guides, Aya, tu as ta vie en main, tu la gères comme tu veux. Même si je te regarde, je ne suis pas une mère castratrice ! Je suppose que tu vas continuer des études. J’ai l’impression que la médecine ne t’intéresse plus trop et que ce serait plutôt le droit maintenant. C’est bien pour défendre les gens, c’est ce que tu aimes faire. Tu vas rencontrer un homme, sans doute pas à Yopougon, car les hommes du quartier ne te plaisent pas. Tu les trouves coureurs, mais ils ne sont pas tous pareils. Il y a des hommes très bien qui s’occupent de leurs enfants, de leur femme. Trouves-en un bien mais, surtout, j’espère que tu ne feras pas comme tous ces jeunes qui veulent quitter l’Afrique, que tu resteras là, que tu aideras ton pays à s’en sortir. Reste et engage-toi.
Dans le tome six, Bintou va partir. Elle en veut, elle veut faire des grandes choses, elle veut voyager. C’est bien, il faut voyager aussi. Comme elle est maintenant choriste chez Alpha Bondy, je suppose qu’elle va le suivre dans ses tournées. J’aimerais bien la suivre aussi ! Quant à Adjoua, elle a son maquis, son fils, son homme qui est revenu. Il veut faire quelque chose de sérieux avec elle. Toutes ces filles, elles ne se laissent pas faire, elles essaient de s’en sortir.

Grâce à moi, tu es devenue célèbre. Est-ce que ça a changé ta vie ? Est-ce que tu vis ta célébrité différemment en France, en Côte-d’Ivoire ? Ailleurs dans le monde ?

Merci, mais la célébrité ne m’intéresse pas. Et puis c’est une célébrité très relative. Les gens ne me reconnaissent pas dans la rue et, heureusement, car ce que j’aime, c’est les observer, prendre un mot, un visage. Si on me reconnaissait, ce ne serait plus possible.
Mais on m’invite dans beaucoup de pays. Tu es traduite dans treize langues. C’est génial ! En coréen, même ! Je suis invitée à des Festivals où je rencontre Salman Rushdie qui me dit qu’il aime mon travail. C’est incroyable ! Je prends !
Et si cela me permet de créer mon association « Des Livres pour tous », c’est parfait. C’est une association apolitique, sans religion et à but non lucratif. L’objectif de cette structure est de mettre en place des bibliothèques de quartier dans les villes africaines, qui accueilleraient les enfants et les adolescents, afin de les encourager à lire, tout en leur proposant une écoute et un soutien scolaire.
Il s’agit d’un projet de développement éducatif pour lutter contre l’illettrisme et le manque d’accès aux livres dans les villes africaines.
L’association veille, dans la phase de mise en place des bibliothèques, à ce que des principes de base soient respectés : fonds d’ouvrage adaptés à la culture locale et aux programmes scolaires, animations multiples (concours d’écriture et de lecture, théâtre, contes, etc.), accès à Internet pour que les lecteurs puissent faire leurs recherches, informatisation, présence d’un bibliothécaire et d’un animateur pour accueillir et accompagner les enfants.
Une première bibliothèque a été créée en octobre 2009 à Abidjan et le projet est, pour l’heure, une vraie réussite. Une deuxième est en projet à Ouakam, à Dakar, pour une ouverture prévue en juin 2011.

Aya de Yopougon. Tome 1. Gallimard, 2010

Est-ce qu’on nous connaît à Yopougon ?

Oui, très bien. Mon père, qui est un homme éclairé, photocopie tous les articles de presse où on parle de nous et les distribue dans tout le quartier. Tout le monde pense que je suis très riche. Alors, quand j’arrive, tous me parlent de leurs problèmes. Tu es très célèbre, mais tu ne leur apprends rien : c’est leur vie. C’est le fait qu’on parle d’une Ivoirienne, qu’elle soit traduite en treize langues, qui les impressionne.
Tu as beaucoup de succès au Canada. Aux États-unis, c’est plus difficile : il n’y a pas la même culture de la BD. En Allemagne, dans les pays nordiques, ça marche très bien.
Mais il y a sûrement un problème de traduction du nouchi, cet argot français africanisé, qui est drôle mais intraduisible.

Est-ce que je suis une bonne ambassadrice de la lecture ?

Tu fais découvrir le plaisir de lire ! En Côte-d’Ivoire, le livre est très associé à l’école, à la contrainte, à la chicotte (punition). On ne lit pas par plaisir. Et, d’ailleurs, on ne lit pas de livres aux enfants. En revanche, on leur raconte beaucoup d’histoires. Moi, j’ai eu la chance d’avoir un grand-père paternel qui vivait au village et chez qui on allait passer deux mois de vacances. Il nous réunissait autour du feu. Je crois que c’est lui qui m’a donné le goût des histoires. Il voyait que je parlais beaucoup, alors il me disait : « Il faut écouter, il faut regarder, tu te disperses trop ». Cela m’a beaucoup servi. Quand je suis arrivée en France, à douze ans, il n’y avait que des têtes blanches et je me suis dis que ce n’était pas à eux de m’accepter, mais à moi de me faire accepter. Alors, j’ai commencé à raconter des histoires. Je suis devenue la star de l’école. Je racontais que je chassais le lion avec mon grand-père, je montrais mes cicatrices de morsures de serpent. En plus, je jouais bien au foot et tous les garçons me voulaient dans leur équipe. Je n’ai pas eu de problème d’intégration. Je n’aime pas ce mot, intégration, je préfère acceptation. Je remercie ce grand-père. En France, j’ai découvert les bibliothèques. J’ai dévoré les livres. On a vraiment besoin de ça en Afrique.
À Adjamé, un quartier d’Abidjan, on nous a donné un grand local pour installer notre association. Il y a deux cents enfants inscrits. C’est souvent plein. Ils y font du théâtre, ils écrivent de la poésie. Merci pour ça, Aya, cette bibliothèque, c’est ma plus belle réussite. Les enfants qui vont passer leur bac sont tristes de ne plus pouvoir venir après. Alors, on pense à créer une section adultes. On fait beaucoup de social aussi. On offre des kits de matériel scolaire… On va créer une seconde bibliothèque à Ouadaï, un quartier de Dakar, une troisième au Mali. Le but est d’en faire partout.

Marguerite, je voudrais te dire merci pour ton humour, ta bienveillance et ton humanité. J’aime bien ton regard sur nous tous. En quoi cela correspond-il à ta vision de Yopougon, à ta vision du monde ?

Je suis un peu une rêveuse. Je voudrais qu’on s’aime tous, dans la joie. Mais je sais que ça ne marche pas comme ça. On peut quand même avoir un peu de compassion pour l’autre. Parfois, un regard suffit. À Yopougon, malgré les drames, on s’intéresse aux gens, on est solidaire. J’aime bien ce proverbe : « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ». Et cette façon d’être m’a beaucoup aidée. Quand je suis arrivée en France, j’ai gardé ce regard.
Quand j’étais petite, j’étais terrible. Je ramenais à la maison les enfants du quartier qui n’avaient pas assez à manger, je leur donnais ma nourriture, mes habits et tous ces enfants m’appelaient Maman. À Yopougon, on continue à m’appeler Maman. Je voulais créer un orphelinat pour eux, même si ma mère m’expliquait que c’était impossible, car ces enfants avaient leurs parents. J’ai beaucoup de défauts aussi. Mais j’essaie juste de regarder les gens autour de moi.

Notes et références

1 Akissi.1, Attaque de chats. Dess. Mathieu Sapin, d’après l’univers graphique de Clément Oubrerie, coul. Clémence. Paris, Gallimard Jeunesse, 2010.

2 D’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali fut élue député travailliste, puis député conservateur, aux Pays-Bas où elle a résidé de 1992 à 2006. Proche de Theo van Gogh, le cinéaste assassiné en 2004 par un jeune islamiste, elle avait travaillé avec lui sur son film Soumission, qui dénonçait le sort des femmes musulmanes, faisant à son tour elle-même l’objet de menaces islamistes.


Pour aller plus loin

Bibliographie

  • Bienvenue. 1. Dess. Singeon, coul. Singeon et Clémence. Paris, Gallimard, 2010. (Bayou).
  • Akissi. 1, Attaque de chats. Dess. Mathieu Sapin, d’après l’univers graphique de Clément Oubrerie, coul. Clémence. Paris, Gallimard Jeunesse, 2010.
  • Aya de Yopougon. 6. Dess. Clément Oubrerie. Paris, Gallimard, 2010. (Bayou).
  • Aya de Yopougon. 5. Dess. Clément Oubrerie. Paris, Gallimard, 2009. (Bayou).
  • Aya de Yopougon. 4. Dess. Clément Oubrerie. Paris, Gallimard, 2008. (Bayou).
  • Aya de Yopougon. 3. Dess. Clément Oubrerie. Paris, Gallimard, 2007. (Bayou).
  • Aya de Yopougon. 2. Dess. Clément Oubrerie. Paris, Gallimard, 2006. (Bayou).
  • Aya de Yopougon. 1. Dess. Clément Oubrerie. Paris, Gallimard, 2005. (Bayou).

Articles de référence

  • Clarisse Bouillet, « Marguerite Abouet », Jeune Afrique, 27.01.2009. [Consulté le 01.03.2011]
  • Frédérique Roussel, « Aya bien dans sa bulle », Libération, 06.04.2009. [Consulté le 01.03.2011]
    Invités au festival corse, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie retracent leur succès actuel.

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Sites

Clément Oubrerie. [Consulté le 01.03.2011]
Site du dessinateur.