Lulu, la magicienne de la forêt
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La hyène, attirée par la perspective d’un festin, convoite une réserve de miel qu’elle rêve de s’approprier. Gourmande et impatiente, elle cherche à obtenir ce trésor sans effort, au détriment des autres animaux. Le lièvre la pousse alors à commettre une série d’erreurs. Victime de sa cupidité, la hyène se retrouve piquée, ridiculisée ou blessée, ce qui explique pourquoi, depuis lors, elle se méfie du miel et n’ose plus s’en approcher.
Les courts textes doux-amers de Georgia Makhlouf évoquent, à travers le regard du narrateur – un petit garçon –, des lieux, des personnages, des moments de tendresse et de nostalgie avec, comme fil conducteur, les clés. Comme celle que Grand-mère (Téta en arabe) porte autour du cou et dont elle ne se sépare jamais ; on ne peut que penser aux Palestiniens chassés de leurs terres durant la « catastrophe » ou « naqba » de 1948 et gardant précieusement la clé de leur maison, transmise de génération en génération, avec l’espoir d’un retour...
On retrouve avec bonheur la plume et le regard pénétrant de Maryse Condé dans ce petit roman dense.
Une famille qui se décompose : un père, parti chercher du travail au Canada ne donne plus de nouvelles ; une mère qui, peu à peu, perd tout espoir de le revoir et vit recluse dans sa chambre ; c’est donc Zora, la fille aînée, qui porte à bout de bras la famille et tente de la protéger…
Voici une vraie curiosité par un micro éditeur réunionnais – les éditions du même nom – dont nous découvrons, avec ce titre et pour la première fois, l’existence. L’objet mérite pourtant toute attention puisqu’il s’agit d’une de ces nobles entreprises de valorisation de la langue française. Placé sous le patronage de Frédéric Dard qui recommande de « verbailler » sans vergogne et précédé d’une préface intitulée « le verbisme est un humanisme », ce livre de tout petit format (une bible de poche !) n’est rien d’autre qu’un dictionnaire des verbes qui manquent. Œuvre salutaire, donc, animée d’un souci que nous partageons volontiers : un seul verbe vous manque et la phrase s’allonge…

