[Karagöz et Hacivat : Des mets et des traditions]

كراكوز وعيواظ فى الأكلات والعادات الظِّراف

Langue : arabe Auteur : Alaa Morteza Illustrateur : Alaa Morteza Lieu d'édition : Gizeh Éditeur : Dar al-Balsam Année d'édition : 2023 Nombre de pages : 96 p. Illustration : Couleur Format : 22 x 22 cm ISBN : 9789776171626 Âge de lecture : À partir de 9 ans
Couverture de : [Karagöz et Hacivat : Des mets et des traditions] كراكوز وعيواظ فى الأكلات والعادات الظِّراف

Dans cet album, la ville de Damas accueille les aventures de deux personnages principaux, accompagnés d’un troisième, Qoraitam, et de Alaa, la narratrice des belles histoires présentées dans ce livre. L’autrice, damascène, nous offre, après [Damas. Histoire d’une ville] دمشق. قصة مدينة, un second ouvrage dédié à sa ville d’origine. Les héros de ces récits, Karagöz et Hacivat, sont des personnages de théâtre d’ombres, célèbres dans de nombreuses régions du monde.

Karagöz se plaint d’avoir toujours faim et demande l’aide de son acolyte, Hacivat. Ils fomentent des plans pour travailler peu et profiter de la générosité des habitants du quartier à l’occasion de différentes cérémonies et fêtes.

Le livre se structure en plusieurs scènes (مشهد) où Alaa intervient pour décrire des événements familiaux, des occasions pour inviter les voisins et les proches ainsi que des recettes culinaires transmises de génération en génération. Chaque événement a ses mets dédiés, que ce soit les naissances, les mariages, les deuils, les bains (hammams) ou même les réceptions mensuelles qu’organisent à tour de rôle les femmes du quartier.

L’idée des marionnettes pour animer des dialogues mêlant humour et transmission des savoirs culinaires est particulièrement ingénieuse. Les répliques, construites comme dans des scènes de théâtre d’ombres, sont souvent rimées, renforçant le rythme et le charme du récit. Alaa insère également, au fil des pages, des souvenirs personnels liés à sa propre vie de famille, ajoutant une dimension intime et authentique à l’ouvrage.

Si ces us et coutumes sont certainement partagés avec d’autres régions voisines, ils acquièrent ici une saveur unique grâce aux ingrédients, à la flore locale (comme la célèbre rose de Damas), à l’architecture des maisons où se tiennent ces rencontres, mais aussi aux récits familiaux qui accompagnent chaque recette.

La construction des dialogues rimés, ressemblant aux répliques du théâtre d’ombres, est remarquable.

Les illustrations, magnifiques, s’inspirent de miniatures peintes et de motifs décoratifs présents dans les arts syro-libanais. Les motifs dessinés sont colorés et organisés dans des cadres carrés et autour de ceux-ci. Une mention spéciale pour les titres des chapitres déployés en doublon dans une très belle calligraphie coufique. Les personnages du karagoz, quant à eux, sont présentés à chaque fois de profil et en noir et blanc, renforçant l’illusion d’un théâtre d’ombres …

Un très bel album à garder précieusement. Le personnage de l’autrice qui se mêle à l’intrigue est une superbe idée ! Les textes ne sont pas vocalisés.

SA