Accueil

Takam Tikou

La revue du livre et de la lecture des enfants et des jeunes / Afrique - Monde Arabe - Caraïbe - Océan indien

Ma petite sœur

Langue : français Auteur : Aude Konan Lieu d'édition : Achères Éditeur : Dagan jeunesse Année d'édition : 2015 Nombre de pages : 153 p. Illustration : N/A Format : 18 x 12 cm ISBN : 978-2-919613-11-3 Âge de lecture : À partir de 12 ans Prix : 11 €

Autant le préciser d’emblée, la « petite sœur » du titre est une chienne ! Quant au premier contact du lecteur avec Lilian, la jeune héroïne du roman, il a lieu sur le divan d’une psy, à New-York où elle vit. Le ton est donné : elle est murée, laisse entrevoir que des choses graves se sont passées et encore qu’elle ne parle plus à son père depuis belle lurette. De toute manière, personne ne peut rien pour elle… alors, autant raconter sa vie ! Celle d’une petite fille riche - 12 ans aujourd’hui - dont les parents superficiels et lointains s’occupent de moins en moins. Pour ses 5 ans, ils lui avaient pourtant offert une petite chienne adorable. Depuis, les choses se sont gâtées. Les parents, le père notamment, se sont mis à préférer l’animal à leur fille, au point de l’habiller, de la faire dormir dans un berceau…

Histoire très dérangeante sur le mal être d’une enfant, l’égoïsme des parents, la perversion de l’argent, la confusion des genres et un monde d’adultes passablement détraqué que viennent à peine sauver une nounou aimée et une grand-mère lointaine. Un reportage sur les magasins pour chiens aux USA, a semble-t-il inspiré à la jeune auteure dont c’est le premier roman mais non le premier essai d’écriture, une histoire très noire. Au final, la jeune adolescente, crevant de solitude, tue le chien qui selon elle lui a ravi l’amour de ses parents. Une quête d’amour désespérée dont on ne voit guère l’issue et qui ne parvient pas à toucher. Tout cela relaté d’une plume alerte mais comme distanciée. Mais plus grave, la scène de « meurtre » de la chienne à l’aide du pistolet paternel, dans un moment d’hystérie, si elle dit le mal être, n’a pas sa place dans un ouvrage pour des enfants « à partir de 11 ans » (4e de couverture),et le dénouement qui fait froid dans le dos.

ML