Mon imagier en yoruba : à la ferme
ÉB
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Comme de nombreux enfants béninois, Gildas a été envoyé au Nigeria pour payer une dette familiale. Réduit à l’esclavage, il s’est enfui en se cachant dans un camion de gravier où il est mort étouffé. Le scénario mêle habilement récit de l’annonce de son décès aux membres de sa famille avec des flash-back sur les raisons mêmes de cette tragédie.
Les courts textes doux-amers de Georgia Makhlouf évoquent, à travers le regard du narrateur – un petit garçon –, des lieux, des personnages, des moments de tendresse et de nostalgie avec, comme fil conducteur, les clés. Comme celle que Grand-mère (Téta en arabe) porte autour du cou et dont elle ne se sépare jamais ; on ne peut que penser aux Palestiniens chassés de leurs terres durant la « catastrophe » ou « naqba » de 1948 et gardant précieusement la clé de leur maison, transmise de génération en génération, avec l’espoir d’un retour...
Les trois enfants ont peur. Au fond du jardin, dans un coin très noir, ils entendent une grosse voix qui hurle « en crachant des postillons jaunes et des postillons verts ». Le gentil crapaud qu’ils découvrent, finalement, deviendra leur ami. Les illustrations, dans le style des dessins d’enfants, sont amusantes et gaies.
Sur l’île de La Réunion, suite à une pandémie et à l’exode imposé à la population, une botaniste spécialiste des espèces endémiques se retrouve seule avec son fils Théo. Ils ne doivent leur survie qu’à la nature exubérante de l’île qui leur offre poissons, fruits et plantes. Dans un journal de bord que la scientifique adresse à son mari, disparu depuis de longs mois après être parti chercher des vivres, elle raconte son quotidien et son inquiétude face à une menace qu’elle pressent. Théo, de plus en plus en symbiose avec les éléments naturels, dialogue avec une « femme en sucre », un esprit invisible aux yeux de sa mère...

