Les bibliographies « Afrique » de Takam Tikou, témoins d’une évolution

10 ans de Takam Tikou en ligne 2010-2020

Par Marie Laurentin, bibliothécaire, l'une des fondatrices de Takam Tikou

Photographie de Marie Laurentin

Paru pour la première fois en 1989, Le Bulletin de la Joie par les livres, auquel s’ajoute en 1994 le nom de Takam Tikou, se consacre à faire connaître le livre pour jeunes des pays francophones africains au sud du Sahara, la vitalité d’une édition spécifique avec ses auteurs, illustrateurs, éditeurs, les conditions de lecture, ainsi que le rôle des bibliothèques et tous organismes engagés dans son essor. La revue vise également à entretenir des échanges avec ceux qui en sont les acteurs. Et dès son origine, la revue s’organise autour de ce qui lui est et demeure constitutif, central : le recensement bibliographique, avec la présentation et l’analyse des ouvrages.

Au plus près de la production éditoriale des pays africains est constituée une collection unique, mise à disposition du public, ne cessant de s’enrichir, et sur laquelle est aussi porté un regard critique.

Plus de 30 ans après, avec 15 numéros sous la forme papier et 10 ans de vie numérique, le travail bibliographique et critique en constitue toujours le noyau dur. Il est révélateur du développement et de la vitalité du livre jeunesse africain, de ceux qui le créent, l’éditent, le rendent disponible et élargissent sa circulation et son impact dans ou hors des pays de création.

Regard attentif sur l’évolution d’une littérature

Du temps de la version papier de Takam Tikou, le comité de lecture critique traitant des livres africains pour la jeunesse était limité à l’équipe de la revue dont j’ai été l’initiatrice avec Viviana Quiñones. Nous avons ainsi suivi le développement d’une édition jeunesse africaine avec ses précurseurs autour des années 50, sa naissance dans les années 70-80 et l’essor qui s’en est suivi. Aujourd’hui à la retraite et de manière plus distanciée certes, je ne cesse de m’intéresser, au prisme de ce comité de lecture, au déploiement et tendances d’une édition que nous avons accompagnée globalement dès ses premières années et dont nous nous sommes fait l’écho.

Dans la décennie 2010-2020, dans Takam Tikou en ligne, trois fois par an environ, des bibliographies sont élaborées, portant sur une trentaine d’ouvrages récents, prioritairement publiés en Afrique, d’auteurs et illustrateurs africains à l’intérieur ou non de ces pays. S’y ajoutent de manière secondaire des ouvrages sélectionnés pour leur contenu et dont l’objet concerne le continent. Tous ont été soumis à l’appréciation et aux commentaires d’un comité de lecture constitué au fil des années1, réunissant des membres aux fonctions diverses.

Pour prendre la mesure d’une évolution, évoquons brièvement le contexte, c’est-à-dire ce que la littérature de jeunesse africaine a et continue d’avoir de profondément singulier : ses fondations sur un terreau fertile nourri des formes les plus riches et les plus diverses de l’oralité ; la domination d’une littérature « étrangère », la française, seule présente pendant longtemps ; une écriture majoritairement dans cette langue alors que sa lecture et sa maitrise restent très inégales ; une édition encore restreinte dans les langues nationales très nombreuses, mais se développant ; un essor très variable propre à chacun des pays francophones du continent avec une grande disparité de créateurs, de maisons d’édition, d’accès au public visé et de circulation ; présence en plus ou moins grand nombre des bibliothèques avec la grande fragilité de celles-ci (après une période où la coopération étrangère et notamment française, qui avait fortement soutenu les bibliothèques, s’est retirée) ; la disparité aussi des politiques nationales en la matière, le livre étant rarement jugé comme une priorité ; des conditions économiques, politiques, sanitaires pesant aujourd’hui plus que jamais ; une littérature enfin dont on peut dire qu’elle s’édifie dans les pays, mais aussi à l’extérieur, notamment en France, avec des auteurs originaires d’Afrique ou y vivant.

 

Une démarche bibliographique et un comité de lecture observatoire des tendances et des nouveautés

Les lectures croisées des ouvrages passés entre nos mains depuis 10 ans au fil des comités aux échanges stimulants, nous permettent de porter un regard attentif, suivi, interrogateur, comparatif, sur cette littérature. Certes, tous les livres jeunesse nés dans les pays d’Afrique ne parviennent pas à la Bibliothèque nationale de France, mais beaucoup sont là, donnant chair à toute une production diverse et originale.

Alors, plutôt qu’un large tour d’horizon portant sur la production des dix dernières années dans son ensemble avec un regroupement strict par genre et une attention portée aux éditions de chaque pays, choisissons plutôt de mettre en lumière et de faire ressortir quelques titres significatifs d’un style, d’une vitalité, d’une évolution, des auteurs et illustrateurs, sans oublier le rôle de professionnels qui, avec leurs initiatives, stimulent cette littérature, la font vivre et la promeuvent… En soulignant ainsi que les « genres » ont des frontières très souples, tout comme le public ciblé et les formes choisies pour s’adresser à lui.Il s’agit donc d’un choix fort restreint en regard du grand nombre d’ouvrages parus pendant 10 ans dont on pourra retrouver les chroniques en ligne2.

 

Le conte toujours mais pas seulement…

Le conte reste la source originelle où puiser sans fin, mais il a aussi ouvert des portes et donné des ailes à toutes sortes d’imaginaires qui l’ont réécrit, mis à portée, réinterprété, modernisé ! Bien souvent, sans doute par son intimité avec la parole ancienne et le racontage, il a besoin de retrouver les langues parlées, des formes d’énonciation. Aussi bénéficie-t-il peut être davantage que d’autres, d’éditions bilingues, voire multilingues ou d’éditions dans les différentes langues d’un pays. Et quand cela est possible, un enregistrement audio peut accompagner l’ouvrage et élargir sa portée. On observe aussi qu’il s’impose en priorité comme choix d’édition dans des pays où celle-ci est peu développée : souci de préservation et de transmission d’un témoignage irremplaçable de sa culture.

  • Dan tsuntsu Mai Nawa = Le Traînard 3 (Bilingue hausa-français). Le traînard, c’est un petit oiseau migrateur que ses forces abandonnent et qui tombe « dans les dunes qu’on survole avant de traverser les eaux salées ». Il se réfugie dans le ventre d’un âne mort. Boureima le trouve et le garde. Ils se parlent et l’enfant triste ne l’est plus au point de le laisser rejoindre le vol lorsqu’il repassera. Toute en sobriété, une histoire belle, délicate avec les illustrations remarquables du peintre Bahari, sensibles, poétiques.
  • La Veste de Grégoire. Serge Grah, ill. Kouadé Achille Brou. Vallesse, 2018.
    La Tortue et la panthère = Kul ba Nzeh 4 (Bilingue français-fang). La famine sévit, Kul la tortue et Nzeh la panthère n'arrivent plus à nourrir leurs enfants. Kul part donc en quête de nourriture et rencontre un cabri dodu et très accommodant, qui l'autorise à pénétrer dans son fondement et à prélever de sa graisse. Le seul interdit concerne le cœur et le sang, ça semble la moindre des choses. Mais quand Nzeh visite à son tour le cabri, il ne résiste pas à la tentation et l'histoire finit très mal pour lui (et pour le cabri...). C'est aussi moral que rigolo avec les images pleines de vie et d'humour. Une édition bilingue français-fang aux éditions Ntsame à saluer pour cette publication pour enfants dans un pays qui en compte peu. 
  • La Veste de Grégoire 5. Sous la forme du conte étiologique, voici une des raisons pour lesquelles chats et souris se détestent tant ! Grégoire le chat sollicite la souris Betty, couturière hors pair, pour lui confectionner le costume d’apparat à la hauteur de sa présentation au roi mais… le costume ne sera pas prêt ! Les illustrations chatoyantes de Kouadé Achille Brou, tel un défilé de mode, ont tout pour séduire, tandis qu’en arrière-plan sont pointés incompréhensions et préjugés dont les conséquences peuvent être si lourdes. Un bel album couronné par le Prix Jeanne de Cavally pour la littérature enfantine 2018.

 

Des livres phare : albums, livres d’images

Grand essor en termes de production, de qualité, de visibilité. On pourrait qualifier les albums de « livres amorces » dans un contexte où les accès au livre, à la langue, à la pratique de la lecture, sont encore bien inégalement partagés et parfois encore très faibles. Leur pouvoir de séduction est évident. Leur attrait auprès des plus jeunes (et pas seulement) tient à ce qu’ils jouent la proximité, laissent libre cours à la fantaisie, à l’imaginaire… et qu’ils dispensent aussi des leçons éducatives. Sur ce point, on observe davantage de liberté et de légèreté dans les messages directs ou induits que les ouvrages jeunesse ont pu porter. Mais ce rôle conféré à l’écrit permet justement de faire passer des messages. Les albums amusent, parlent de soi et du tout proche (famille, société plus urbaine), permettent de se reconnaître dans son environnement, de découvrir le passé ou d’ouvrir au monde. Ils s’adressent aux plus petits dont on considère mieux les besoins, les intérêts, mais aussi aux plus grands. L’image, on le sait, va favoriser l’accès à l’histoire et ce d’autant plus que le texte écrit fait parfois obstacle à la compréhension de l’histoire. On retrouve la forte présence des images dans tous les types d’ouvrages. Leur valeur et leur rôle sont reconnus. Les livres illustrés sont « visibles » et suivent mine de rien l’évolution de la société. Nombre d’entre eux éveillent à une considération autre de l’enfant dans un monde qui change. Ils peuvent être particulièrement sensibles à la situation des filles, par exemple, à la question des différences, à tant d’autres sujets de société. En effet, au-delà de la séduction première opérée, certains n’hésitent pas à aborder des questions sérieuses, voire graves.

En outre, plus que d’autres genres, ils rencontrent l’intérêt des parents, bibliothécaires, enseignants et animateurs, dans le meilleur des cas et des contextes (le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo, etc., riches en maison d’éditions variées et en auteurs reconnus), et c’est aussi le gage de leur succès et du développent de l’édition. Ainsi…

  • Imboga. Vegetables. Légumes. Mboga. Bakame éditions, ill.  Christophe Ndengeyintwari. Bakame éditions, 2019

    Au Rwanda, Agnès Gyr Ukunda, créatrice et directrice des éditions Bakamé, a construit depuis 1995 un catalogue jeunesse inscrit maintenant dans la durée, riche, inspiré, qui se consacre à la création d’une littérature de qualité basée sur la culture rwandaise. Les livres sont écrits en kinyarwanda et peuvent bénéficier d’éditions en français et en anglais. La qualité des ouvrages est remarquable, leur prix abordable. Une éditrice exemplaire par son engagement dans la promotion de la lecture, son exigence, la connaissance de son lectorat et les actions de formation dans le domaine.Elle privilégie les contacts avec des organisations ou éditeurs ayant les mêmes buts
  • Les Bibis, série à succès de Muriel Diallo, autrice, illustratrice, comporte sept titres au plus près de la vie quotidienne d’un petit enfant « qui n’aime pas… » (Bibi n’aime pas l’école… n’aime pas le marché… n’aime pas le guérisseur… n’aime pas le taxi-brousse…) parus aux Classiques ivoiriens de Côte d’Ivoire entre 2010 et 2014. Le succès de ces petits albums a été si vif que des versions en quatre langues nationales en ont été faites en 2016 : en bété, baoulé, dioula et sénoufo, avec en fin d’ouvrage le texte en français. Heureuse idée de pouvoir raconter à l’enfant une histoire qui peut le toucher plus intimement dans sa langue et de penser aussi à ceux qui habitent l’étranger et souhaitent rapprocher leur enfant de ses origines.
  • Kadjolian, la petite mécano6. Kadjolian aime les voitures et passe tout son temps libre dans le garage de son père, mécanicien. Les voisines, riches et bien propres, se moquent d’elle jusqu’au jour où elle va démontrer son savoir-faire et les sauver d'une situation délicate, gagnant ainsi leur respect et leur amitié. Fatou Keïta est autrice « phare » en Côte d’Ivoire (et au-delà) avec une riche production d’albums pour la jeunesse. Elle plaide ici sans aucune lourdeur en faveur de l'égalité des sexes par le biais d'une jolie histoire aux illustrations bien lisibles, évoquant celles des BD « ligne claire ».
  • L'ogre des plantations de cacao. Fatou Keïta, ill. Zohoré Lassane. Éditions Éburnie, 2018.
    L'ogre des plantations de cacao 7. Quand l’album sait se servir des atouts qui sont les siens pour dénoncer les maux de la société, en l’occurrence le travail des enfants ! En promenant son chien, la jeune Diouli voit des enfants apeurés, enfermés à l’intérieur d’un car. C’est le début d’une enquête qui la mènera dans une plantation de cacao où des enfants cueillent tout le jour des cabosses sous une chaleur étouffante et presque sans manger. L’ogre moderne exploiteur d’enfants prend le visage d’un banal voisin ; l’héroïne, pleine de compassion et de courage, est très touchante. Un ouvrage dédié à « tous ceux qui, dans le monde entier, aident les enfants à vivre leur belle jeunesse » pour lequel Fatou Keïta a reçu le prix Jeanne de Cavally pour la littérature enfantine 2019. L’autrice a été nominée pour le prix Astrid Lindgren 2019.
  • Mouna va à l’école 8. L’album aborde sous une jolie fiction, qui peut ne pas en être une, le sujet si sensible de la scolarisation des filles et il le fait avec talent. Un impératif car les Mouna empêchées d’école sont si nombreuses de par le monde… Un album qui s’emploie avec délicatesse et arguments efficaces à convaincre tout en montrant que chacun a ses raisons. Le père de Mouna finira par l’amener à l’école sur son vélo…
  • Une reine pas comme les autres9. Comme il est facile de stigmatiser une vieille femme que le quartier rejette ! L’histoire commence par faire la preuve du pouvoir de l’ignorance et de celui de l’opinion commune, prétextes à toutes les accusations imaginables et au rejet. Elle démontre ensuite la force de la transmission entre générations et du respect qui font grandir en apportant la connaissance. Kouam Tawa, poète et dramaturge camerounais, est un auteur jeunesse fécond ces dernières années, dans des genres et styles fort différents, avec une écriture originale, rythmée, qui se prête volontiers à l’oralité.

 

La BD monte au créneau

La bande dessinée africaine bouillonne d’énergie, de créations toujours plus variées. Elle se fait dans les pays mêmes, ou à l’international, avec des noms reconnus. Artistes, dessinateurs de presse, journalistes, ils sont souvent fers de lance dans leur pays en créant des structures, des éditions, des magazines avec des collaborations entre artistes, comme au Togo, au Bénin, au Congo Kinshasa… La BD africaine sait manier l’humour et la caricature, avoir une vision critique et exercer son pouvoir de dénonciation. Dans les dernières années, avec talent et élan, elle s’attache par images et récits à mieux faire connaître les pages d’histoire et les récits fondateurs. Mais elle s’invente aussi de super héros aux super pouvoirs ! Avec toutes sortes d’inspirations, dont la création de magazines jeunesse…

  • Gbêhanzin10. L’ouvrage se consacre à l’histoire du royaume du Dahomey (Danxomè) et de son souverain absolu, Gbêhanzin Aïdjrè qui a régné sans partage jusqu'à l'arrivée des colonisateurs français dans les années 1890. Les auteurs racontent la geste héroïque et tragique de ce héros, « l’une des plus grandes figures de l’histoire des résistances africaines ». Une démarche forte associant l’écrivain reconnu Florent Couao-Zotti et un jeune dessinateur de presse Constantin Adadja. Un travail qui a reposé sur plusieurs années de recherches.
  • Scarf : en guerre contre la traite des enfants. KanAd, Relutet, ill. KanAd Lomé. Ago, 2018.
    Scarf : en guerre contre la traite des enfants 11 Naissance d’un super-héros au grand cœur qui a de l’avenir : son nom est Scarf et il est doté du pouvoir du baobab. Il a ici fort à faire pour débusquer les responsables d’un ignoble trafic d’enfants. Très réussie, cette bd révèle un personnage attachant. Un véritable plaisir de lecture en même temps qu’une invitation au lecteur à se sensibiliser à la question de la traite des enfants. Bienvenue à Scarf, nouveau super-héros africain, né dans le vivier des talentueux créateurs des éditions Ago !
  • Justice pour Elikya12.Elikya, petit orphelin, est un héros familier des écoliers de RDC. Le voici dans une nouvelle série. Et s’il a échappé aux affres de la rue, c’est pour être bientôt accusé de posséder des pouvoirs de sorcier. Un scénario bien ficelé de Dan Bomboko et le talent graphique de Dick Esale se mettent au service de la dénonciation des maux de la société. Suite attendue !

 

Apprendre des livres : connaître le monde, s’approprier sa culture et son histoire

À vrai dire, le documentaire utilise bien des formes dans l’édition africaine, tant sont précieux l’acte de lire et celui d’apprendre. Cela sous des formes différentes qui vont de l’album au roman en passant par la BD. Et la fiction peut, elle, se mettre de la partie pour mieux servir le propos informatif.Tout en s’intéressant à l’environnement proche, les productions récentes donnent une place croissante à l’histoire, aux personnalités qui la marquent, à la reconnaissance d’un patrimoine dont les sociétés, plus urbaines, ont pu délaisser les traces et le sens.

L’aide étrangère conduit parfois à des initiatives d’un réel intérêt lorsqu’elle contribue à développer une création locale avec la participation des lecteurs, les formant comme auteurs, illustrateurs et même photographes ! C’est le cas au Burkina Faso avec la collection d’albums dont la plupart à valeur documentaire : Kitabu yaa soma wosgo ! C’est-à-dire « les livres très bons » en langues dioula et moré. Elle s’appuie sur l’association FAVL – Amis des bibliothèques rurales africaines, au Burkina Faso. Un exemple de ce que les bibliothèques peuvent faire pour créer des contenus convenant aux lecteurs, tout en mettant en valeur le patrimoine humain, environnemental, culturel… De très nombreux albums, la plupart du temps au texte très restreint et à destination des plus jeunes mais pas seulement, sont publiés, et la photo y joue un beau rôle. Chaque titre incite à ouvrir les yeux sur le monde environnant, à reconnaître, à nommer.

  • Umuryango Wange Mugar / My extended family / Ma famille élargie 13. En kinyarwanda, anglais, français, la jeune Mutoni nous présente les membres de sa famille : ses parents et frères, et aussi ses grands-parents paternels et maternels, oncles et tantes, cousins et cousines. Pour bien comprendre ce qui unit les uns et les autres, une étoile généalogique reprend leur visage et précise visuellement la position de chacun pour la petite fille. En peu de mots et avec clarté, une jolie initiation à la notion de filiation et à la généalogie.
  • Le Roi Njoya : Un génial inventeur. Alain Serge Dzotap, ill. Pat Masioni. Cauris livres, 2015.
    Le Roi Njoya : Un génial inventeur 14.Avec une quinzaine de titres parus, les éditions Cauris du Mali développent sous la direction de Kidi Bebey, autrice, journaliste, une séduisante collection – Lucy - qui s’adresse aux jeunes à partir de 6 ans. Ce sont de petits albums souples largement illustrés, dont chacun brosse le portrait de personnages africains ou afro-descendants dans des domaines variés. Auteurs et illustrateurs contribuent avec clarté et dans une approche agréable et documentée à leur reconnaissance. L’un des titres à citer parmi les plus récents, Oum Kalsoum, Myriam Makeba…
  • Le voyage de l’empereur Kankou Moussa 15.Kankou Moussa, a régné sur l’empire du Mali à son apogée au XIVe siècle. Ce très grand album raconte son règne et surtout le voyage à La Mecque qu’il entreprit après s’être converti à l’Islam et dont les récits arabes, comme ceux d’Ibn Battuta, conservent la mémoire.La somptueuse et éclatante illustration de Christian Epanya, dont on sait la qualité du travail de recherche, en met en scène admirablement les différents épisodes.
  • Monfay chez les magiciens du fer16. À travers les aventures de Monfay, petite citadine venue voir ses grands-parents, la découverte des techniques anciennes du travail du fer chez les Bassar, au nord Togo. Les illustrations expressives et dynamiques, lisibles, apportent beaucoup d’informations sur la forge et sont complétées par un dossier sur la fabrication du fer et sur la façon dont ces pratiques ont été reconstituées par les archéologues et par les ethnologues.
  • À l'école du Tchologo. Fatou Keïta, ill. Justin Oussou. NEI-CEDA, 2014.
    À l'école du Tchologo 17. Fatou Keïta a créé cette collection pour que ne tombent pas dans l’oubli des pratiques sociales et culturelles. « L’école du Tchologo » est l'initiation réservée aux jeunes de la caste des forgerons, un « pan inestimable de la culture sénoufo ». Un grand format et les illustrations lumineuses du peintre Justin Oussou servent un récit complété de notes.
  • L’Incroyable histoire du collier du roi Makoko18. Si l’Histoire était toujours racontée de cette façon, vivante et précise, tous les élèves seraient passionnés ! Un récit tout à fait extraordinaire. C’est celui, conservée dans la tradition orale, d’un collier porté par le roi Makoko, un attribut de la fonction royale chez les Tékés. Sa disparition va donner lieu à un quiproquo tragique avec les Français. Une introduction apporte éléments historiques et culturels pour comprendre l’histoire ; l’épilogue montre comment, un siècle plus tard, le collier est retrouvé et restitué par un concours de circonstances heureux auquel l’auteur a participé activement.

 

Une création romanesque

La création romanesque, si elle n’est pas le genre le plus développé de la littérature jeunesse, prend de multiples formes et se nourrit de bien des imaginaires : des plus fantaisistes où le surnaturel peut n’être jamais loin aux réalités sociales remises en question et aux lourdes thématiques qu’elles inspirent : la maladie, la guerre…

  • Fleur de Bissap 1 et 2 19. D’où vient-on quand on est une adolescente française adoptée tout bébé au Sénégal ? Le voyage à Dakar dans le besoin impératif d’éclairer une « identité complexe » s’impose. Narration tout en vivacité et finesse psychologique, découverte de personnages à la véritable épaisseur. Un ton juste, et bien sûr… touchant pour un roman très attachant.
  • Kanuden contre Coeur ténébreux. Moussa Konaté. Edicef 2013.
    Kanuden. Tomes I, II et III20. Véritable épopée sous la forme et les dehors de la « fantasy », ces trois tomes relatent les aventures héroïques du jeune Kanuden. Sa mission : rien moins que l’ultime combat qu’il lui faut livrer pour sauver l’humanité et lui rendre ses droits à la liberté. Le grand écrivain malien Moussa Konaté aujourd’hui décédé, fut aussi un ardent acteur de la littérature jeunesse avec les éditions du Figuier au Mali. Un homme engagé, dénonciateur des maux qui affectent la société, et dont on retrouve l’engagement dans cet unique roman pour jeunes.
  • Les Faux Marabouts21. C’est spontanément que le vieux Tanou offre le gîte à deux jeunes hommes tout juste arrivés au village. Rien ne peut les détourner de leur mission : dépouiller le plus possible de personnes en se faisant passer pour des marabouts. Même s’ils prennent pour cibles les enfants, les vieillards ou les jeunes filles, les deux escrocs ne provoquent pas l’antipathie, tant leurs discours sont désopilants. Bien construit, agréable à lire, le roman s’inscrit dans une collection créé pour les ados - elles sont plutôt rares - par les éditions Ganndal. Il invite avec humour à la réflexion.
  • Le Voyage de Yao.22 Une très heureuse rencontre entre cinéma et écriture permise par le talent de la grande Véronique Tadjo. Sa novélisation d’un film à grand succès - Yao - captive, émeut, ébranle. Au rythme d’un road-moovie sur les routes du Sénégal, un vrai bonheur de lecture et une ode à son pouvoir. Le jeune Yao a 12 ans et c’est sûr, il va devenir écrivain.

 

Murmures d’Afrique : Poésie jeunesse. Caya Makhélé. Acoria, 2017.

Pour jouer avec les mots, pour rêver : la poésie

On la sent et on la sait précieuse, même si elle n’est pas si fréquente dans l’édition africaine pour enfants. Les magazines pour la jeunesse en témoignent aussi. Raison de plus pour saluer les poètes et leurs poèmes, les lire, les écouter, se laisser inspirer.

  • Le Bruit des fleuves23. Un long poème aux nombreuses strophes dont toutes commencent par « Si jamais », et posent une question à un interlocuteur inconnu sans qu’aucune réponse ne soit donnée. La rythmique s’installe, on attend une nouvelle question, à laquelle, intérieurement, on répond. Le jeu s’installe.
  • Murmures d’Afrique : Poésie jeunesse 24. L’éditeur d’origine congolaise Caya Makhélé est aussi dramaturge, romancier et ici poète. L’adulte interroge l’enfant qu’il a été. En mots simples qui suscitent des images, les poèmes évoquent l’enfance, les valeurs héritées, les masques et le village de son grand-père… Ils racontent la vie, tout simplement : ils parlent aux enfants, et aussi aux adultes. Une réussite.

 

Une génération de professionnels engagés

Éditeurs, écrivains, illustrateurs, animateurs, formateurs se mobilisent selon différentes modalités en faveur du livre de jeunesse dans les pays. Un engagement qui aujourd’hui contribue de manière active à une reconnaissance toujours à imposer, toujours à renforcer en faveur du livre jeunesse et de sa circulation. Pour illustrer cela :

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    Auteur d’une Introduction à la littérature jeunesse au Cameroun25, Christian Elongue a voulu contribuer à rendre plus visible cette littérature dans son pays et en Afrique en créant une revue en ligne Muna Kalati (« Livre pour enfant » en douala) ainsi qu’un site qui lui sont consacrés. L’objectif : « Faire connaître et dynamiser les travaux sur la littérature et l’édition jeunesse africaine, sur l’image, le jeu, le jouet, la culture matérielle et orale de l’enfance ». Ils souhaitent concourir à la visibilité de la création et de ses auteurs, à celle des éditeurs en s’affrontant aussi à la faiblesse des réseaux de distribution qui n’est pas le moindre des problèmes entravant son développement. À partir du Cameroun et bien au-delà, un engagement actif à suivre, à soutenir, le livre jeunesse et plus largement la jeunesse.
  • Les éditions Ganndal de Guinée dirigée par Aliou Sow ont été élues « Meilleur éditeur pour la jeunesse (Afrique) » à la Foire internationale du livre pour enfants de Bologne (Italie) en 2017, année de leurs 25 ans. Largement dédiées aux ouvrages pour la jeunesse, elles ont développé un catalogue soucieux de l’adaptation des contenus au public, à l’émergence et la formation des auteurs, à l’écriture et à l’illustration. Elles se soucient aussi de la lecture des adolescents (c’est encore peu le cas), en créant à leur intention la collection Gos&Gars (« Gos », les filles et « Gars », les garçons). Un travail de fond lié au souci de l’encouragement à la lecture.
  • Fondée en 2011 au Togo, Ago Media réalise et produit des dessins animés, édite et diffuse des livres. Elle est devenue la première maison d’édition de bandes dessinées au Togo et l’une des très rares d’Afrique. La société s’attache aussi à développer un vrai circuit de distribution, vital, pour remédier à l’isolement. Autour de Koffivi Assem, éditeur, auteur, s’est constitué un collectif d’illustrateurs, talentueuse équipe que l’on peut retrouver comme auteurs de Mythes et légendes africains parus en 2017.En tandem avec l’illustrateur KanAd, ils animent des ateliers de création de BD et en signent de nombreuses. Ils sont aussi les créateurs pour les plus jeunes, du charmant personnage de Ziguidi (Ziguidi et les animaux, 2012 et Ziguidi et la flûte enchantée, 2013).
  • Après une période de sommeil, les éditions Akoma Mba du Cameroun redéployent un programme éditorial, riche à l’origine d’albums illustrés marquants, toujours disponibles, créés dans le cadre des ateliers Aile Cameroun à partir de 1994. Une renaissance avec l’album jeunesse avec un foyer d’illustrateurs créatifs et convaincus qui se tournent aussi désormais vers d’autres genres, comme la BD.

 

Presse magazine

La presse est vivante, elle est multiple, elle distrait, éveille, nourrit, s’invente des héros de référence. Elle se tourne vers le plus grand nombre et se partage dans une grande proximité. Si elle se manifeste sur différents supports, elle peut être aussi un vecteur vers le livre. C’est un vivier de création où de nombreux talents d’écriture et d’illustration s’expriment.

  • Bulles est un magazine culturel pour enfants né en 2018 en Côte d’Ivoire et édité par Voyelles éditions. Son complément de titre souligne ce qu’il se veut être : « Le magazine des enfants qui aiment l’Afrique »… Le public visé est celui de l’école primaire. Il sensibilise à l’ouverture culturelle en parlant des civilisations anciennes africaines, mais aussi des personnalités du continent, qui peuvent être des modèles. Lire, partager, jouer : histoires et contes, bd, jeux.Il attire l’œil par la richesse de son graphisme, sa mise en page et la variété de son contenu. Peuvent y être associés des ateliers scolaires et des animations. Dans chaque publication, un pays d’Afrique est mis à l’honneur : dans le 6 premières : Cameroun, Bénin, Côte d’Ivoire, Mali, Angola et Éthiopie. Les sites : www.voyelles-africa.com et www.larecre.org (site interactif).
  • De 1992 à 2016, paraissaient en Afrique les magazines Planète Jeunes et Planète Enfants. En 2017, la filiale de Bayard, Bayard Afrique, est née et s’inspire de ces deux magazines pour lancer Planète J’aime lire et Planète Okapi. Conçus à Abidjan, ils s’adressent aux jeunes d’Afrique de l’Ouest et sont distribués au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Sénégal.
    • Planète J’aime Lire (5-8 ans). 10 numéros par an
      On y trouve une histoire centrale, des bandes-dessinées, des jeux, devinettes, une recette… La mise en page est attrayante, les histoires et illustrations adaptées aux enfants, le tout dans un contexte africain. Le site Internet planetemag.com propose aussi des contenus avec en outre : « Le coin des parents » avec aussi des ressources à destination des enseignants.
    • Planète Okapi (9-13 ans). 10 numéros par an
      Le magazine présente une foule de sujets et divertissements, dans un beau format riche en dessins et photos. Il comporte des brèves du monde (actualités internationales, culturelles ou scientifiques), une initiation à l’anglais, des réalisations manuelles (fabriquer une toupie par exemple), l’interview d’une personnalité africaine, de petits jeux développant l’observation et la réflexion. On y trouve aussi de courtes bandes-dessinées et des blagues bien sûr !

Une littérature qui s’invente

Sur le mode éclectique, nous avons proposé un éclairage parcellaire, personnel, porté sur des créations qui ont marqué, discrètement ou non, l’édition jeunesse africaine de ces dix dernières années. Il s’appuie sur un nombre très restreint de références au regard de l’ensemble de ce qui a pu être identifié et soumis à notre lecture et même de ce qui a été publié. Mais approchons-nous de cette création bien vivante, diversifiée et révélatrice de nombreux et nouveaux talents même si les ouvrages cités ne sont pas forcément les plus « visibles ». Ne figurent pas ou peu ceux que la notoriété de leurs auteurs et la solidité des maisons d’édition permettent de figurer dans les librairies françaises. Au-delà de la situation politique, économique et sanitaire actuelle qui partout affecte de façon inédite et très violente l’accès au livre, il y a le constat de la fragilité de l’édition africaine, et davantage encore de la précarité sans cesse dénoncée des conditions de diffusion et circulation des ouvrages dans leur pays d’édition, à l’intérieur de l’Afrique et à l’extérieur du continent. Or elle est vitale. Faute de mieux, la recension des ouvrages, leur promotion, leur présence dans les manifestations, les fêtes du livre, les salons et festivals, les présentations critiques dans les médias, l’attribution de prix littéraires sont essentiels et plus que jamais nécessaires. Takam Tikou et ses bibliographies contribuent quant à elles à leur visibilité.

Revenons alors à ces 10 ans, un temps de recul pour aborder cette création avec un regard neuf. Et même si c’est loin d’être suffisant, c’est une ressource et une vraie opportunité de savoir que les livres figurent dans les collections de la BnF, qu’ils y sont palpables, consultables, et leur lecture guidée par celle… de Takam Tikou. L’attrait est immédiat pour des créations jeunes, et qui ont déjà trouvé localement leurs lecteurs dans toutes sortes de contextes. Elles reflètent les sociétés dans lesquelles elles sont conçues, les attentes des jeunes, les nouveaux modes de vie et les obstacles souvent graves qu’il faut affronter. Elles sont constitutives d’un grand corpus passionnant à explorer, celui d’une littérature jeunesse vivante, créative, qui doit se battre pour trouver les formes et les formules qui conviennent à l’essor qu’elle s’invente.

Notes et références

1. Liste des membres du Comité de lecture Afrique de 2010 à 2020 : Nathalie Beau, Kidi Bebey, Audrey Bessière, Fatou Camara, Nathalie Chesnier, Anne-Laure Cognet, Marine Defosse, Christian Elongué, Camille Etedali-Khou, Marie-Paule Huet, Ioanna Kouki, Marie Laurentin, Béatrice de Lavenne, Nadine Monchau, Marion Moulin, Viviana Quiñones, Caroline Rives, Djénéba Sidibé, Raphaël Thierry, Sarah Tournerie, Françoise Ugochukwu, avec des contributions des membres des comité de lecture du CNLJ.

2. Les bibliographies Afrique de Takam Tikou sont toutes consultables en ligne.

3. Dan tsuntsu Mai Nawa = Le Traînard (Bilingue hausa-français). Omar Baldé, ill. Boukari Mahamadou dit Bahari, trad. en hausa Issoufou Aboubacar, Issoufou Sa’adia. [Niamey] (Niger) : Éditions Gashingo, Éditions Albasa, 2013.

4. La Tortue et la panthère = Kul ba Nzeh (Bilingue français-fang). Paul Mba Abessole, ill. Jeff Ikapi. Libreville (Gabon) : Ntsame, 2017.

5. La Veste de Grégoire. Serge Grah, ill. Kouadé Achille Brou. Abidjan (Côte d’Ivoire) : Vallesse, 2018 (Lire pour demain).

6. Kadjolian, la petite mécano. Fatou Keïta, ill. Abraham Niamien. Abidjan (Côte d’Ivoire): "Frat Mat" éditions, 2013.

7. L'ogre des plantations de cacao. Fatou Keïta, ill. Zohoré Lassane. Abidjan (Côte d'Ivoire) : Éditions Éburnie, 2018.

8. Mouna va à l’école. Aminata Hien Fofana, ill. Claude Adjaka. Cotonou (Bénin) : Ruisseaux d’Afrique, 2017 (La libellule).

9. Une reine pas comme les autres. Kouam Tawa, ill. Georges Bonamer. Abidjan (Côte d’Ivoire) : Les Classiques ivoiriens, 2016.

10. Gbêhanzin. Florent Couao-Zotti, ill. Constantin Adadja, idée originale de Sonia Houenoude Couao-Zotti. Cotonou [Bénin] : LAHA Éditions, 2014.

11. Scarf : en guerre contre la traite des enfants. KanAd, Relutet, ill. KanAd. Lomé (Togo) : Ago, 2018, (L’Univers des Patriotes Masqués).

12. Justice pour Elikya : Tome I. Dan Bomboko, ill. Dick Esale. Kinshasa (RDC) : Elondja, 2017 (Elikya, le petit orphelin).

13. Umuryango Wange Mugar / My extended family / Ma famille élargie. Felix Seminega. Kigali : Bakame éditions, 2018 (Intambwe).

14. Le Roi Njoya : Un génial inventeur. Alain Serge Dzotap, ill. Pat Masioni Bamako. (Mali) : Cauris livres, 2015 (Lucy).

15. Le voyage de l’empereur Kankou Moussa. Jean-Yves Loude, ill. Christian Epanya. Paris : Le Sorbier, 2010.

16. Monfay chez les magiciens du fer. Koffivi Assem, ill. KanAd. [Lomé, Togo] : Ago, 2016.

17. À l'école du Tchologo. Fatou Keïta, ill. Justin Oussou. Abidjan (Côte d’Ivoire) : NEI-CEDA, 2014 (Cultures d'Afrique).

18. L’Incroyable histoire du collier du roi Makoko. Mbé Eugénie Mouayini Opou. Brazzaville (Congo) : Les Manguiers, 2010.

19. Fleur de Bissap 1 et 2. Fanta Touré. Dakar (Sénégal) : BLD, 2013.

20. Kanuden Tomes I, II et III. Moussa Konaté. Vanves (France) : Edicef 2013-2015 (Buzz).

21. Les Faux Marabouts. Bernard Pévé Béavogui. Conakry (Guinée) : Ganndal, 2016 (Gos and Gars).

22. Le Voyage de Yao. Véronique Tadjo d’après le film de Philippe Godeau, écrit par Agnès de Sacy et Philippe Godeau. Paris (France) : Le Seuil, 2019.

23. Le Bruit des fleuves. Kouam Tawa. Vayrac (France) : Tertium éditions, 2017 (À la cime des mots).

24. Murmures d’Afrique : Poésie jeunesse. Caya Makhélé. [Châtenay-Malabry] (France) : Acoria, 2017 (Poésie jeunesse).

25. Introduction à la littérature jeunesse au Cameroun. Christian Elongue. Paris (France) : L’Harmattan, 2019.


Pour aller plus loin

On peut se référer à quelques articles qui offrent des repères pour un bilan et des perspectives :

 

  • Marie Laurentin est bibliothécaire. Elle est à l’origine en 1986 de la création et du développement du Secteur Interculturel de la Joie par les livres, dont elle a eu la responsabilité durant plus de 20 ans. Elle a créé, avec Viviana Quiñones, un centre de ressources, d’échanges professionnels autour du livre et des bibliothèques, d’actions, dont la création de Takam Tikou. Le Bulletin de la Joie par les livres. Elle participe aujourd’hui au comité de lecture Afrique de Takam Tikou.

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