Bibliographie de l'Afrique

Un chat habillé élégamment d'un costume, avec chapeau et canne, porte un panier

Bakame au Rwanda, Éburnie, NEI-Ceda et Vallesse en Côte-d’Ivoire, Ntsamé au Gabon, Albasa au Niger, AGO au Togo… On se réjouit de voir l’édition africaine occuper une large place dans cette bibliographie en affichant une belle créativité dans les différents genres, notamment en livres d’images (dont nombre de titres à portée documentaire), en romans et en contes.

Une belle moisson de titres en livres illustrés (18) dont deux couronnés par des prix internationaux : L’Ogre de la plantation de cacao (Éburnie) alerte sur le travail des enfants et La Veste de Grégoire (Vallesse) donne au conte d’explication une tonalité bien contemporaine. Des ouvrages à hauteur des petits leur parlent d’eux, de leur famille, du monde à leur portée. C’est ce que nous proposent les éditions Bakame – avec des titres en kinyarwanda et multilingues – et les éditions Vallesse, qui développent également romans et contes.

Pour un peu plus grands, des albums pour faire rire et distraire, mais aussi sensibiliser à des sujets plus complexes comme la dyslexie (Le Mal des mots) ou réfléchir à sa place dans le monde d’aujourd’hui (Petits messages aux enfants du monde).

Des romans s’ancrent dans l’Histoire pour évoquer un monde colonial (Les Bannis du grand masque), relater une histoire touchante inspirée de faits réels avec un tirailleur sénégalais échoué à l’ile de Ré (Le Chant noir des baleines). Des récits parlent d’enfance maltraitée ou douloureuse (Vie de tribulation, Singali l’orphelin), de racisme aussi et de force morale lorsqu’on a été adoptée en France et que sa vocation absolue est la danse (les Pointes noires). Maison sans fenêtres : enfances meurtries en Centrafrique est un reportage graphique alliant photos et dessins pour témoigner avec pudeur et une très grande puissance de la situation dramatique de l’enfance dans ce pays.

Retour aux sources en poésie et musiques de l’enfance (Comptines de Cajou et de Coco. 24 chansons des rivages de l'Afrique jusqu'aux Caraïbes). Une immersion pleine de grâce en une multitude de langues d’une rive à l’autre de l’Atlantique.

Et bien d’autres titres encore… Belles lectures pour tous en perspective.

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Romans

Le Plus vieux de la classe

Par Irène Cohen-Janca

troublés par la présence d’un nouveau dans leur classe, un « vieux », déjà père de famille, qui vient pour apprendre à lire et pouvoir mieux faire vivre sa famille. D’abord moqué et rejeté, le « vieux » va devenir l’ami de John et trouver sa place, car le savoir n’est pas que livresque. Une histoire qui rappelle que l’éducation n’est pas encore un droit pour tous.

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Romans

Princesse Ebla

Par Camara Nangala

Marie-Audrey est une jeune fille gâtée et insupportable : son père, qui gagne confortablement sa vie, lui assure un quotidien privilégié – belle maison, voyages linguistiques l’été, répétiteur pendant l’année scolaire... Pourtant, ce beau confort ne la protège ni des disputes de ses parents ni du coup d’État perpétré en Côte-d’Ivoire au tournant de l’année 2000. L’angoisse générée par ces événements – de rangs et de dimensions non comparables –  l’oblige à se poser des questions sur sa famille et à affirmer ses propres choix. Sa vie bascule radicalement le jour où elle croise l’écrivain Pognan lors d’une rencontre scolaire : conquise par son discours, elle décide de vouer sa vie non seulement à la lecture mais aux arts plastiques. Grâce à l’argent de son père, elle devient mécène. Apothéose finale : le Ministre de la Culture, pour l’anniversaire de ses quinze ans, se déplace en personne afin de récompenser son parcours exemplaire.

Un roman bien mené à la plume alerte, ronde, agréable, dont l’objectif est d’édifier le jeune lecteur en lui faisant partager les vertus de la culture. Le propos est donc volontairement pédagogique et moral avec l’exemple de cette jeune fille qui a tout à apprendre pour devenir une adulte accomplie.

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Romans

Coup de cœur

Nago ou comment s'en sortir

Par Georgette Florence Koyt-Deballé

Ce récit dédié aux enfants défavorisés raconte l’histoire de l’un d’entre eux. Orphelin très jeune, Nago est élevé avec amour par sa grand-mère, en ville, à Bangui, dans une petite case en toit de chaume. La recherche d’argent est un travail de tous les instants… Après avoir vu le film sur la victoire historique de Mohamed Ali à Kinshasa, Nago souhaite devenir boxeur...

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Romans

Mon petit coeur imbécile

Par Xavier-Laurent Petit

Sisanda a neuf ans, vit dans un village au Kenya et a une malformation cardiaque qui l’empêche de vivre normalement : elle ne peut ni jouer, ni courir, marche à peine, et il vaut mieux qu’elle évite les émotions fortes... Sa mère Maswala (« swala » désigne l’antilope impala en kiswahili), qui court tous les jours autour de son village « parce que ses jambes l’y poussent », découvre qu’elle pourrait obtenir beaucoup d’argent en gagnant un marathon et ainsi, faire opérer sa fille dans « le meilleur hôpital du monde ». Des chapitres courts et d’abondants dialogues rendent aisée à lire cette histoire de courage prenante, touchante, inspirée d’un fait réel : l’exploit de Chemokil Chilapong, fermière kenyane qui a pu financer la scolarité de ses enfants grâce à sa victoire au marathon de Nairobi.

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Romans

Je suis né en prison

en hommage à Nelson Mandela

Par Bessora, Pierre Bordage, Ouaga Ballé Danaï, sous la dir. d’Edmond Mballa Elanga

Le projet éditorial est intéressant : faire écrire des histoires par des écrivains africains et français autour de la figure de Nelson Mandela. Les nouvelles sont inégales mais elles permettront aux jeunes lecteurs de découvrir ce personnage marquant de l’histoire contemporaine de façon originale : non pas sous la forme d’une biographie romancée ou d’un documentaire (il en existe de très bons), mais à travers des fictions dans lesquelles il incarne la figure de l’espoir ou de la révolte contre les discriminations et les injustices de tous ordres. Les récits réalistes ou futuristes mettent en scène de jeunes héros fort divers - blancs ou noirs, filles ou garçons, étudiants ou travailleurs clandestins, aux quatre coins du monde. Tous  vont avoir l’occasion de découvrir ce symbole et les valeurs dont il est porteur.

On signalera tout particulièrement, pour leur impact, les nouvelles de Pierre Bordage (« Maillons »), Koffi Kwahulé (« Bal masqué »), Béatrice Hammer (« Salvadora »), Ouaga-Ballé Danaï (« Comme des étoiles »), Kossi A. Komla-Ebri (« Madiba »), Boudjeka Kanto (« L’énigme 466-64 »).

Notons cependant quelques problèmes regrettables de fabrication, dans le montage des cahiers.

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Romans

La Fille au grand coeur

Par Camara Nangala

L’écrivain ivoirien Camara Nangala offre à lire un court roman, parfaitement mené et qui porte toutes les convictions de cet écrivain engagé : générosité et respect de l’autre, ancrés dans une profonde foi chrétienne. Ama, l’héroïne, va se battre contre les rumeurs qui courent dans son école depuis que Kambiré, le meilleur dribbleur au foot, est malade. Certains laissent entendre qu’il aurait le sida. Elle va aussi aider son ami à ne pas rater son année scolaire et permettre que sa maladie soit diagnostiquée et soignée.

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Romans

La Dernière Chance

Par Camara Nangala

Briser les « chaînes de la misère », la fatalité de l’ignorance et les tabous : c’est le message de ce récit de vie, exemplaire s’il en est. Lotioh, petite fille pauvre, assoiffée d’apprendre, livre un dur combat qui l’amène de l’accession à l’école, à sa sortie brillante de l’université et à son engagement pour qu’au village, les mentalités progressent. Les pierres n’ont pas manqué sur son chemin : pauvreté, maladie, obscurantisme du père... On retrouve ici les engagements de l’auteur en faveur de l’enseignement, de l’éducation et de l’évolution des mentalités (scolarisation des filles, excision, toute puissance du mari, du père, polygamie...). Mais un tel récit, même s’il affronte de plein fouet les grandes questions de société (en s’enlisant bien souvent dans des détails superflus), saura-t-il « emporter » les jeunes lecteurs, les filles notamment ? Pas sûr, même si l’audace n’en est pas absente. Ainsi de la « reconversion » des exciseuses du village, un beau moment de négociation (et d’argumentation chère à l’auteur), plutôt convaincant. Quant au sentiment amoureux, il est vite éludé pour de plus nobles objectifs ! Au fond, c’est peut-être un livre pour mieux armer les adultes face à leur responsabilité vis-à-vis des jeunes.

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Romans

De mémoire d'enfant

Par Yao Akissi Kan

Des souvenirs de la première enfance, à Agboville en Côte-d’Ivoire – images, sensations, début des relations avec les plus proches (la mère, une sœur), les premiers jeux en groupe… – qui ne manquent vraiment ni de charme ni d’intérêt. Mais le texte, court, est parfois confus : l’arrivée de la narratrice à Agboville signifie-t-elle sa naissance ? Ou bien s’agit-il d’une orpheline venue par le train, comme le disent les images ? Et, surtout, l’illustration, très présente dans une maquette bien aérée et lisible, fait de la narratrice un garçon... C’est bien dommage.

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Romans

Le Chant du dauphin

Par Lauren St. John

On retrouve Juliette, onze ans, l’héroïne de La Girafeblanche, qui vit dans une réserve animalière tenue par sa grand-mère, en Afrique du Sud. Elle part en classe de mer pour observer le « Sardine run », la grande migration des sardines au large des côtes d’Afrique du Sud et du Mozambique. Un excellent mélange de réalité (sur les animaux, en particulier les dauphins, mais aussi sur le quotidien et les relations d’une écolière…), d’aventures dont on n’a pas envie d’interrompre la lecture (tempête et robinsonnade…), et de fabuleux (un rapport au « sacré ancestral », en relation avec le don surnaturel de Juliette pour soigner les animaux). Un personnage attachant, qui a de la profondeur (si elle est douée avec les animaux, elle a bien des difficultés dans ses relations, familiales ou amicales, se met en colère, a la phobie de l’eau…), et des personnages secondaires qui ont de la consistance.

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Bandes dessinées

Passou le flouministe

Par Dossou Paul Kpitime

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Bandes dessinées

Les Zaventures de Moussa

Par Alihonou Julien Makejos

Une bande dessinée en noir et blanc composée de sketches humoristiques, avec des messages éducatifs parfois, autour de Moussa qui, à l’école ou à la maison, accumule les bêtises. Plein d’énergie, jouant les simples d’esprit ou les garçons espiègles, Moussa donne es répliques bizarres,  inattendues et drôles. 

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Bandes dessinées

Coup de cœur

Les Trois singes

je reviendrai

Par Constantin Adadja

Comme de nombreux enfants béninois, Gildas a été envoyé au Nigeria pour payer une dette familiale. Réduit à l’esclavage, il s’est enfui en se cachant dans un camion de gravier où il est mort étouffé. Le scénario mêle habilement récit de l’annonce de son décès aux membres de sa famille avec des flash-back sur les raisons mêmes de cette tragédie.

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Bandes dessinées

Solane

l'enfant sorcier

Par Ienfan Claudio

Solane, enfant intelligent et entreprenant, découvre que le pasteur et le sorcier du village sont en train de fomenter une escroquerie ; ces derniers, pour se protéger, accusent alors Solane de sorcellerie. L’accusation est grave : les villageois veulent sa mort… Si ce sujet, très important, mérite vraiment d’être abordé, l’histoire, en dépit d’un graphisme noir et blanc intéressant, minimaliste et limpide, est confuse et difficile à comprendre.

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Bandes dessinées

Coup de cœur

La Petite Djily et Mère Mamou

Par Serge Diantantu

Djili n’aime pas rentrer à la maison après l’école, pas plus qu’elle n’aime les vacances… Nous apprenons pourquoi : la nouvelle femme de son père la maltraite. Cette BD met en scène une situation malheureusement fréquente, d’une manière ni appuyée ni démonstrative, par le biais d’une vraie histoire conséquente et bien ficelée, avec des dialogues et des dessins très vivants, ancrés dans la réalité de Kinshasa...

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